Les personnes judiciarisées victimes formant l’échantillon ont majoritairement vécu de la négligence familiale, des abus de nature physique et sexuelle. Presque la moitié d’entre elles (n = 11) révèlent avoir vécu deux formes ou plus de victimisation durant leur enfance ou leur adolescence […]. Pour la grande majorité des participants, les auteurs des abus vécus sont des membres de la famille immédiate, principalement le père ou la mère. […] La négligence, pour sa part, qui concerne neuf participants, survient au sein du milieu familial (d’origine ou d’accueil). Plusieurs jeunes adultes établissent une relation entre leurs besoins d’amour et d’appartenance non comblés et les gestes délinquants posés. Les sentiments de rejet, d’abandon et la faible estime de soi évoqués clairement par les participants à l’étude entraînent un besoin de s’affilier et d’agir pour combler les besoins d’amour, d’appartenance et de reconnaissance non satisfaits. Pour certains, l’acceptation au sein de groupes de pairs déviants permet de sentir qu’ils appartiennent à une »famille ». En contrepartie, ils agiront en conformité avec les règles du groupe pour éviter d’être rejetés à nouveau.
Référence bibliographique
Gouin, M., Brunelle, N., Marcotte, J., et F-Dufour, I. (2024). Expériences de victimisation de personnes judiciarisées : influences perçues sur leurs trajectoires. Dans I. F-Dufour, N. Brunelle, R. Couture-Dubé, et D. Henry (dir.), Désistement et (ré)intégration sociocommunautaire : L’expérience de jeunes judiciarisés de 16 à 35 ans (p.139-162). Presses de l’Université du Québec.