Les relations socio-spatiales entre les Autochtones et les non-Autochtones au Québec, Canada, de même que les contours de la citoyenneté, changent. Les jeunes autochtones contribuent de façon importante à ces changements. Alors que certains jeunes s’impliquent au sein d’espaces politiques officiels, d’autres tissent un réseau fragile de lieux et d’espaces qui défient collectivement les relations coloniales profondément enracinées, ainsi que la division coloniale de l’espace. Le Wapikoni mobile propose des ateliers de formation audiovidéo qui s’adressent aux communautés des Premières Nations. Grâce à ce projet, des jeunes ont appris à créer des courts-métrages et certains.nes sont invités à présenter leurs créations lors d’événements publics. L’analyse présentée dans cet article porte sur les lieux, les pratiques et les relations entourant la mobilité, les actes de parole et les récits des participants et participantes du Wapikoni mobile qui ont voyagé pour présenter leur(s) film(s) dans différents contextes au Canada et à l’étranger. Dans ces lieux, les jeunes des Premières Nations remettent en question la division coloniale de l’espace et négocient de nouvelles relations tout en revendiquant leur identité et en s’engageant dans des processus de formation de la citoyenneté. Cet article soutient que ces processus importants se trouvent néanmoins face à des contextes coloniaux et néolibéraux plus larges qui contraignent leur plein potentiel de transformation.
The contemporary contours of citizenship and socio-spatial relationships between Indigenous peoples and settlers in Québec, Canada, are changing. Indigenous youth contribute in important ways to those changes. While some youth have become involved in formal sites of politics, others work in diverse settings weaving together a fragile network of sites and spaces that collectively challenge deeply engrained colonial relationships and division of space. The Wapikoni mobile is an Indigenous video training project that addresses the First Nations communities. Through this project, certain young people are taught to produce and direct films and some are invited to present their creations in public events. The analysis presented in this article investigated the places, practices and relationships around the mobility, speech acts and narratives of the Wapikoni mobile’s participants who travelled to present their film(s) in different settings in Canada and overseas. In these locations, First Nations’ youth challenge the colonial division of space and negotiate new relationships while (re) claiming their identity and engaging in citizenship formation processes. This article argues that these important processes are nevertheless entangled in broader colonial and neoliberal contexts that hinder their full transformative potential.
Référence bibliographique
Guimont Marceau, S. et Martin, P. M. (2018). ‘Dialogue divides if it is not fair’: Québec First Nations’ youth call for responsive spaces of citizenship. Social & Cultural Geography, 1-21.