Appel à communications.

Colloque 427 – Penser la participation des jeunes en difficulté : théories, pratiques et méthodologies
dans le cadre du Congrès de l’Acfas, Université Laval, 11 et 12 mai 2022

La participation des jeunes en difficulté est un angle mort des sciences sociales. Trop souvent absents des études, le regard que l’on porte sur ces jeunes est associé au non-engagement, à son caractère improbable ou aux difficultés de participation. Il en ressort l’impression qu’il est difficile d’intervenir pour promouvoir leur participation politique, sociale ou citoyenne. Cela renforce les perspectives d’analyse orientées vers les manques ou les obstacles qu’ils auraient à franchir pour s’engager. En outre, l’actuel engouement pour la participation dans les politiques publiques laisse apparaître des dispositifs qui instrumentalisent les jeunes en difficulté notamment pour prévenir leur exclusion sociale.

Dans un champ de recherche moins défini que la participation électorale par exemple, nos travaux (Greissler, Lacroix et Morissette, 2020) jettent un éclairage théorique, conceptuel et méthodologique sur ce sujet propulsé sur le devant de la scène politique et sociale. Nous souhaitons inviter jeunes, chercheur.e.s, étudiant.e.s et praticienn.e.s à partager leurs connaissances pour réfléchir à ce qu’est la participation des jeunes en difficulté, la manière dont elle émerge et dont on peut l’étudier. Notre intention est de faire dialoguer différentes perspectives théoriques, pratiques et méthodologiques, dans le but d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion, d’animer un champ de recherche en développement, de contribuer à la formation des intervenant.e.s et possiblement, de susciter des collaborations inédites.

S’il est important de rendre visible la participation des jeunes en difficulté, il faut également montrer toute l’hétérogénéité des formes de sa mise en scène, mais aussi des dispositifs d’intervention sociale et des milieux de vie. Le contexte de vogue participationniste, appelle également à documenter les pratiques d’intervention et à considérer la littérature grise qui se développe notamment autour du concept de « développement d’une citoyenneté active ». Il y a non seulement un manque de (re)connaissance de certaines pratiques « pré-politiques », mais aussi des lacunes en matière de transmission des savoirs et des connaissances entre intervenant.e.s, entre chercheur.e.s et intervenant.e.s et entre chercheur.e.s/enseignant.e.s et futur.e.s intervenant.e.s. C’est aussi pourquoi nous estimons pertinent de discuter des différentes approches méthodologiques pour mettre au jour les particularités de ce champ d’étude en construction.

Les propositions de communications peuvent s’inscrire dans les axes suivants :

  1. La participation des jeunes en difficulté. Comment définir la participation et circonscrire un objet de recherche qui concerne les jeunes en difficulté, quels outils théoriques mobiliser pour tenir compte de toutes les formes d’engagement même les plus improbables ?;.
     
  2. Les dispositifs de participation et les enjeux pour l’intervention. Comment prendre en considération la participation selon un processus où les intervenant.e.s, et particulièrement les milieux de vie, ont au quotidien, dans le formel et l’informel, un rôle de levier ?;.
     
  3. Les cadres méthodologiques d’étude de la participation des jeunes en difficulté. Comment traiter des enjeux de recherche comme l’échantillonnage et les biais; le recrutement; la création d’un espace de parole et de recherche; la place et la posture de chercheur.e; les stratégies d’analyse des discours; la prise en compte du contexte d’intervention, entre autres;.
     
  4. Les enjeux transversaux théoriques, méthodologiques et pratiques.

Les propositions de communication doivent parvenir à elisabeth.greissler@umontreal.ca au plus tard le 7 février 2022. Elles doivent inclure les informations suivantes : titre; nom, affiliation et adresse courriel des présentateurs.trices; résumé d’un maximum de 1500 caractères (espaces compris); besoin en logistique et préférence pour le mode de présentation en présence ou à distance. Les décisions seront rendues à la fin février 2022.

Les propositions seront sélectionnées par les co-responsables en fonction de : leur qualité scientifique; leur pertinence par rapport au thème; la complémentarité des sujets; le travail empirique qui sous-tend le propos des auteur.e.s; la qualité des approches théoriques et méthodologiques. Une attention particulière sera portée à la pluralité des approches théoriques, disciplinaires et empiriques. Nous tiendrons également compte des critères de l’ACFAS qui nous invite à solliciter autant que possible la participation d’étudiant-e-s, de chercheur-se-s de la relève et de personnes provenant de groupes sous-représentés (notamment les femmes, les peuples autochtones, les personnes en situation de handicap, les membres de minorités visibles ou de groupes racisés). De plus, nous devons nous assurer d’avoir une liste de conférencier-ère-s provenant d’une diversité d’établissements (maximum de 50 % d’un même établissement ou organisme).

Par ailleurs, les conférenciers.ières retenus.es devront à ce moment avoir un profil actif sur le site de l’ACFAS pour être inclus.ses dans le programme du colloque. Les conférenciers.ières seront tenus.es de s’inscrire au congrès de l’ACFAS.


Responsables du colloque :

Elisabeth Greissler, Université de Montréal;

Isabelle Lacroix, Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP);

Isabelle Morissette, Université du Québec à Montréal.



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